L’accouchement en Allemagne vs France – Partie 2

2 Juil

En Allemagne en 2012 – A la Städtische Krankenhaus (hôpital public) de Kiel (SH)

Cette fois-ci mes attentes sont différentes (voir épisode 1, mon accouchement en France).
Je sais que c’est mon dernier accouchement et je souhaite profiter un maximum des possibilités offertes en Allemagne dans la limite de mes envies : être mobile un maximum de temps, prendre un bain, accoucher dans la position qui me semblera la plus appropriée le moment venue (surtout pas les pieds dans les étriers), rentrer chez moi rapidement (l’hôpital c’est pas mon truc, en langue allemande c’est pire).

Comme je souhaite avoir la possibilité d’une péridurale (même si je souhaite l’éviter si je le peux), j’opte pour l’hôpital public (mais ça aurait pu être l’universitaire, le premier est simplement plus près de chez nous, à 800m) et non pour la maison de naissance.

Lors de mon suivi de grossesse j’ai eu de longs entretiens avec ma sage femme francophone sur ce qu’on pouvait, ou pas, faire ici, et j’étais ravie d’entendre que tout ce qui faisait partie pour moi du « pack standard » était naturellement fait  : peau à peau, couper le cordon tardivement, choisir la position pour l’expulsion, prendre un bain sur place…
Mais qu’en plus on pouvait boire et manger pendant le travail, même avec la péridurale et qu’il était possible et facile de rentrer chez soi 4 heures après la naissance s’il n’y avait pas de complication.

Je croyais rêver (et ça a continué lorsque quelques jours après l’accouchement ma Hebamme m’a dit que j’avais évidemment le droit de prendre des bains et que même ça pourrait aider la cicatrisation de mes points si je mettais du sel de mer dans la baignoire).

Rebelote, me voilà programmée (avec mon consentement, mon col dilaté à 4cm n’a pas bougé depuis dix jours et je veux éviter une césarienne en attendant trop) pour un déclenchement, on m’attend à l’hôpital à 9h du matin.
Je trouve cela très frustrant car je sais que je ne vais probablement pas échapper à la péridurale, et je ne veux pas me retrouver immédiatement avec une perfusion au bras et clouée au lit rapidement, moi qui rêvais de commencer le travail à la maison avec Mr Mari à mes côtés en déambulant dans notre vaste appartement.
D’un autre côté cela simplifie les choses pour la garde de l’ainé, tout est sous contrôle et cela me soulage.

Comme pour l’ainé, le travail commencera finalement tout seul sans aide médical. Il est 7h00 du matin et les premières contractions, espacées de 10 minutes, se font sentir.
Nous nous rendons à l’hôpital pour 9h comme prévu et la gynécologue nous indique que la prise de médicament pour le déclenchement n’est plus nécessaire.

Après un monito et 3 heures de déambulation dans les couloirs, de découverte de la super salle d’accouchement, de ballon, d’écoute de musique, de thé, de biscuits et de fruits secs, je demande (oui, c’est moi qui le réclame un touché vaginal) à la sage femme si mon col a évolué.
Comme rien n’a changé, nous nous mettons d’accord pour que j’aille prendre un bain (tout cela dans un allemand très approximatif, mais suffisant).

Salle de naissance – En fait le matériel « médical » n’est pas autant mis en évidence, c’est surtout ce lit 2 places au fond de la pièce, la chaine hifi et les bouteilles d’eau qui tapent à l’oeil – Avec la péridurale c’est sur ce lit au premier plan que je serai installée

Vers 13h, changement d’équipe et la nouvelle sage femme qui se présente à ma baignoire ne nous quittera plus jusqu’à la naissance : mes contractions deviennent soudainement très violentes et très rapprochées. Et dans les reins. Toutes les 2 minutes.
Margarete nous aide avec sa douceur, montre à l’Homme comment me masser le bas du dos avec une super huile chauffante et au bout d’une heure d’une douleur que je commence à avoir du mal à contenir je lui demande de regarder mon col, qui n’a pas bougé. Je commence à sérieusement penser à la péridurale et tout en douceur elle m’en parle aussi.

J’ai eu ce que je voulais, j’ai été mobile, j’ai eu mon bain, j’ai tenté de gérer ces chiennes de contractions dans les reins pendant plus d’une heure, j’accepte d’être clouée au lit (qui ne ressemble pas à un lit d’accouchement, juste un lit d’hôpital).
Et je suis surprise qu’elle soit encore là Margarete, à ma droite à regarder le monito, gérer le débit de la perf d’ocytocine dire des mots gentils et l’Homme à ma gauche à qui j’écrase la main toutes les deux minutes parce que malgré la péridurale je douille bien.
Et là encore c’est à ma demande que la dilatation de mon col est examinée.

Lorsque le moment de l’expulsion arrive, je suis en position semi-assise, la sage femme et l’infirmière sont positionnées de manière à ce que leurs corps maintiennent mes jambes pliées. D’une certaine manière cette position est la plus proche d’une position accroupie qu’on peut espérer quand on a pas l’usage de ses jambes.
En 6 minutes c’est terminé, le Cadet est né il est 18h06.

Les étriers sont fixés au lit pour les quelques points de sutures nécessaires.
Peau à peau exclusif pendant 2 heures. Ca n’est que vers 20h que nous connaîtrons son poids et sa taille.
Il est tard pour rentrer chez nous, nous décidons de passer la nuit à l’hôpital tous les 3 dans la même chambre et rentrons le lendemain matin après l’accord du pédiatre et du gynécologue.

La sage femme francophone qui s’était chargée de ma grossesse va venir quasi quotidiennement pendant 10 jours pour vérifier que tout se passe bien pour moi et pour le Cadet, puis à la demande jusqu’à 16 fois en 10 semaines.
Cette fois-ci l’allaitement est plus difficile entre engorgements, inflammations et candidoses, sa présence et son support sont d’autant plus appréciés qu’elle met à jour chaque année ses connaissances lors de séminaires et formations.

Mon impression sur les deux pays

Parlons finance

En France, l’accouchement d’un second enfant suivant la grille des tarifs forfaitaires de 2012 coûte pratiquement 3000 € :

  • 2070€ accouchement par voie basse pour une multipare (code 14Z14A)
  • 902€ pour les soins du bébé (code 15M05A)

En Allemagne, mon accouchement et le suivi de couche ont précisément coûté 2000 € :

  • 1070€ pour l’hôpital
  • 510€ pour la sage femme (Hebamme) qui m’a accouchée
  • 420€ pour  la douzaine de visites de la Hebamme à domicile pour le suivi de couche

Fonctionnement et mentalité

Je ne sais pas si c’est plus la faute aux restrictions de budget (équipe en sous effectif) ou au fait qu’on considère l’accouchement comme une maladie où le patient doit s’en remettre à ses médecins (qui sont des personnes très importantes et très respectables), mais avec le recul la France n’accompagne pas les femmes dans leur accouchement mais les dirige.

Je parierai beaucoup sur les motivations de l’appel de la sage femme française à l’anesthésiste si tôt dans l’avancement de mon travail : ne pas déranger le médecin au milieu de la nuit et « bâillonner » une patiente afin d’avoir du temps pour s’occuper des autres.

Dans la ville où j’ai accouché en Allemagne il est logique que la femme soit actrice de son accouchement, qu’elle l’orchestre.

L’hôpital public et le CHU de ma ville sont concurrents et cherchent à attirer les futures mères par la beauté de leurs salles d’accouchement ou les gateaux proposées lors des visites.

La sage femme libérale qui s’est occupée de moi à la maison travaille aussi certains jours (ou certaines nuits) à l’hôpital, elle est a un planning « de garde » mais aussi un planning d’astreinte : au cas où il n’y ait pas assez de sages femmes présentes à l’hôpital pour toutes les accouchantes elle vient en renfort et aucune parturiente n’est laissées seule.

L’accouchement en Allemagne vs France – Partie 1

29 Juin

Evidement cet article n’est pas à objectif car on ne peut complètement généraliser les accouchements en France et ceux en Allemagne à partir d’une seule expérience dans chaque pays.
N’empêche que…

En France en 2007 – Hôpital public de Pertuis (84)

J’avais souhaité pour ce premier accouchement une équipe à taille humaine et plus axée « nature » que « médical », j’ai donc été séduite par la maternité de l’hôpital de Pertuis.

Il y avait plein de cours sur l’haptonomie, le portage, l’allaitement, les massages de bébé. La salle de pré-travail avait des ballons, des barres pour s’étirer, une petite chaine hifi pour mettre de la musique. Il y avait une baignoire dans une des salles d’accouchement et j’avais de grande chance de pouvoir avoir une chambre individuelle (et si elle était assez grande, d’installer un lit de camp pour que l’Homme y passe une nuit ou deux).

J’ai, lors de rendez-vous pré-accouchement, été écoutée sur mes envies de faire du peau à peau immédiat avec mon bébé, d’attendre plusieurs minutes avant de couper le cordon ombilical, d’attendre le jour de la sortie pour donner le premier bain, ou encore de pouvoir accoucher sur le côté si je le souhaitais. L’épisiotomie n’y était pas pratiquée de manière systématique, l’allaitement été promu et j’avais précisé que la péridurale était pour moi une option (à savoir que si j’arrivais à faire sans, tant mieux, sinon je n’avais pas prévu de vivre une douleur immense par plaisir).

Le jour J j’étais déjà à l’hôpital pour un déclenchement programmé au lendemain matin. Ainsi, lorsque vers minuit après une heure de contractions assez désagréables bien que tenables, tout juste dilatée à 2cm, la sage femme comprenant que j’avais les contraction « par les reins » (chose que je n’avais jamais entendu, et bien plus douloureux que les contractions habituelles « par le ventre ») appela l’anesthésiste sans même me consulter. Sur le coup j’ai trouvé ça cool.
J’ai donc été immobilisée très tôt, n’ai pas profité de la salle de travail et des ballon ou autres accessoires « natures » et j’ai été privée de nourriture et de boisson pendant plus de 12 heures, mais tout cela m’a paru normal.

La sage femme, ou l’élève sage femme, venaient de temps en temps vérifier le contenu de la perfusion, le monito et la dilatation de mon col.
Lorsque la péridurale a cessé de faire effet vers 7h00, j’ai attendu environ 2 heures qu’on veuille bien s’occuper de moi et qu’on me soulage de ma douleur.

Si j’ai pu me mettre sur le côté au moment de l’expulsion, je n’ai malheureusement eu aucune aide ou conseil sur la position de la part de la sage femme qui m’accouchait.
Inefficace, j’ai fini par repasser sur le dos et mettre mes pieds dans les étriers, l’expulsion aura en tout laborieusement duré 1h15.

J’ai eu mon bébé en peau à peau dès sa naissance à 12h14, et mes souhaits ont été respectés.

Je suis rentrée chez moi après la montée de lait, au bout de 3 nuits, contente de comment s’était passé l’accouchement et la naissance.

Je n’ai pas eu le réflexe d’aller à la PMI de mon quartier mais je suis allée voir un pédiatre vers les 15 jours pour vérifier que ses pleurs n’étaient dus qu’aux coliques du nourrisson puis j’ai déménagé en Allemagne sans parler un mot d’allemand. L’ainé avait 19 jours.
Il a revu un pédiatre vers ses 3 mois et moi mon gynécologue en France 6 mois après l’accouchement.

Papier d’identité d’un bébé français né en Allemagne

17 Juin

En France en 2012

Le pièces et justificatifs varient (cliquer sur les liens pour les détails) suivant s’il s’agit d’un passeport ou d’une CNI (Carte Nationale d’Identité).

La CNI se demande uniquement dans la marie de la commune de résidence, pour le passeport il n’y a pas de contrainte géographique mais la mairie doit être équipée d’une station biométrique.

Le dépôt et le retrait se font au même endroit.
Pour le passeport la présence de l’enfant de moins de 6 ans n’est pas requise pour le retrait car on ne prend pas ses empreintes digitales. Lire la suite

Congé maternité / Congé parental (Mutterschutz / Elternzeit)

2 Avr

En France

J’ai bénéficié du congé maternité des salariées (ayant remplies les conditions de cotisation) :  16 semaines, réparties en 6 avant la date présumée d’accouchement puis les 10 restantes. Il est payé pratiquement le montant du salaire.

Le congé parental d’éducation permet aux salarié(e)s ou aux chefs d’entreprise remplissant les conditions requises de travailler à temps partiel ou d’arrêter toute activité  pendant une période maximum de 3 ans. Pendant ce temps le parent conserve sa protection sociale (et son poste s’il est salarié). La rémunération si l’on cesse complètement de travailler est de 512,64 € (en 2011), quelque soit le revenu.

En Allemagne

Je suis travailleuse indépendante et ma Krankenkasse devrait me verser 210 euros, pour l’intégralité  de mon congé maternité.
Ce montant n’est pas calculé en fonction de mes revenus, c’est un forfait (à priori identique quelque soit la KK).
Ma gynéco m’a fourni un petit document que j’ai remis à ma KK, j’attends toujours le paiement.

Pour le congé parental (Elternzeit), j’ai été heureuse d’apprendre que j’y avais droit. Lire la suite

Déclaration de naissance d’un bébé français né en Allemagne

15 Mar

En France – Couple franco-français marié

Pour un couple marié franco-français il suffit de faire une déclaration à la mairie de naissance dans les 3 jours avec le document de la maternité et le livret de famille (alors mis à jour).

En Allemagne – Couple franco-français marié

A la maternité il est demandé de remplir par les parents un document pour le nom du bébé, c’est une première étape pour l’enregistrement de l’enfant. Lire la suite

Valises pour la maternité

27 Jan

En France

Consultez les liens donnés par Céline en bas de page, c’est très complet.

On prévoit généralement un petit sac pour le travail et l’accouchement (où l’on mettra un encas et à boire pour le futur papa, mais pas pour la maman est qui est punie, bête principe de précaution en cas d’anesthésie), puis un autre pour le séjour comprenant les affaires de la maman et du bébé.
Suivant les maternités les protections périodiques et les couches pour bébé peuvent être fournies.

Nous avions eu la chance d’avoir une chambre individuelle (prise en charge par ma mutuelle) assez grande avec un lit de camp, le papa a donc ramené duvet et oreiller pour passer la première nuit avec nous à la maternité.

En Allemagne

Ma maternité fourni toutes les affaires du bébé, il faut seulement prévoir celles pour sa sortie.

Les accouchements allemands étant généralement sans péridurale, ils sont plus « sportifs » que les français et la maman est invitée à manger et à boire si elle le souhaite pendant le travail. C’est la principale différence avec la France pour la valise de l’accouchement : on emporte aussi des fruits secs et autres petites choses à grignoter. Lire la suite

Examens à partir de 6 mois de grossesse

18 Jan

En France

Mon gynéco de ville m’a transféré au cours du 7ème mois dans la maternité où j’ai prévu d’accoucher.
Ca a été l’occasion de faire le rendez-vous avec l’anesthésiste pour l’éventuelle péridurale et de rencontrer l’équipe des sages femmes qui se sont chargées des derniers examens (toujours 1 par mois lorsque tout se déroule bien)  jusqu’au jour de l’accouchement.

En Allemagne

Je reste avec ma gynéco jusqu’au jour de l’accouchement mais la fréquence des consultations augmente et passe à une visite toutes les 2 semaines, avec maintenant un monitoring cardiaque du foetus de 20 minutes à chaque fois, une vérification de l’état du col de l’utérus, un prélèvement pour les streptocoques et une échographie.