Grossesse :: France vs Allemagne

La choix de la maternité

En France

On accouche dans des hôpitaux (universitaires ou pas) ou des cliniques (privées ou pas) et très rarement à la maison. Dans la majorité des cas la grossesse est traitée en milieu hospitalier comme une autre maladie, les salles d’accouchement ou de travail médicales avec des machines qui font Bip, on y accouche allongée en position gynécologique, l’épisiotomie y est courante (et on est pas toujours avertie), le cordon est coupé rapidement, le bébé y est parfois lavé et reçois des « soins » jugés importants mais pas vitaux puis enfin donné, ou pas, à la maman. Les conseils en allaitement par le personnel n’est pas toujours harmonisé ou mis à la fraîcheur du jour.

J’ai eu la chance de trouver une maternité plus « humaine » avec une salle de travail possédant des ballons, de quoi se suspendre, des baignoires de relaxation ou d’accouchement. On a respecté mon choix de position, on a attendu que le cordon arrête presque de battre pour le couper, mon bébé n’a pas été lavé et immédiatement mis en peau à peau.

Mais ces maternités sont rares, il faut les chercher et avoir la chance d’en trouver une pas trop loin de chez soi.

D’autres femmes doivent d’avantage se battre et préparer des plans de naissance pour s’assurer que leurs choix seront respectés et entendus par toute l’équipe.
Il n’y a pas de maison de naissance. Il est possible, mais très rare et la couverture géographique est minime, d’accoucher à domicile, sous réserve de remplir plusieurs critères.
Enfin, certaines sages femmes font un accompagnement global : avant, pendant, après l’accouchement, mais c’est aussi assez difficile à trouver.
Plus d’infos chez la poule-pondeuse.fr

En Allemagne

Hôpital, clinique, maison de naissance.
La femme et l’enfant sont au coeur du processus et les désirs de la parturiente entendus.

Les salles de travail sont généralement très bien équipées, certaines juste chouettes, d’autres à tomber par terre.

L’accouchement naturel est très promu et je sais que j’aurai à prévenir à l’avance que la péridurale est en ce qui me concerne une option très sérieusement envisagée si la douleur n’est pas gérable. Là où j’ai choisi d’accoucher je ne serai pas mal jugée pour cela et je n’aurai pas à me battre pour l’avoir. Elle est loin d’être aussi pratiquée qu’en France (7 accouchements sur 10!) et elle ne l’est qu’à la demande de la patiente (et pas pour nuisance sonore ou faite à l’heure qui arrange le sommeil de l’anesthésiste).

Je n’ai fait encore ni visite (alors que j’ai choisi où : là où ma sage femme travaille), je me base sur les retours des jeunes mamans que j’ai fréquenté ici ces quatre dernières années et sur le long échange avec ma sage femme.
Ce qui me parait être parfois une bataille en France est ici tout naturel. Evidemment qu’on accouche dans la position que l’on désire, évidement que le bébé n’est pas arraché à ses parents dès qu’il pointe son nez, évidement que le personnel a une formation solide pour l’allaitement, etc.

Petite parenthèse pour le choix de la Hebamme (sage femme)

Probablement que la langue sera le première critère de choix de votre Hebamme.
Ma gynéco m’a aussi remis plusieurs prospectus sur les lieux d’accouchement dans ma ville et j’ai trouvé la mienne en visitant les sites internet des hôpitaux (Krankenhaus) et maternités de ma ville faisant des accouchements (Geburtshilfe) : il y a généralement une adresse e-mail pour contacter le service en question (Frauenklinik, Kreißsaal) voire carrément une liste des Hebamme, avec leurs spécialités et parfois les langues parlées.
Il y a aussi le site national http://www.hebammensuche.de/ mais toutes les sages femmes n’y sont pas (la mienne par exemple).

Le mot de Céline

La péridurale (PDA) n’est pas un fait en soit ici. Lorsque vous choisissez une maternité et que vous n’envisagez pas d’accoucher sans, n’oubliez pas de vérifier si la maternité la propose, puisqu’elle n’est pas proposée partout. De même, n’oubliez pas d’en discuter avec le personnel médical avant parce que cela peut-être mal perçu dans certaines maternités allemandes de vouloir avoir la péridurale à tout prix. En contrepartie et aussi étrange que cela puisse paraitre (rapport à la péridurale), l’accouchement par césarienne est proposé comme choix d’accouchement. Les taux de césarienne sont par ailleurs beaucoup plus élevées en Allemagne (31% en 2010) qu’en France (21% en 2010). Dans certains Land, ce taux grimpe jusqu’à 50% des naissances. Je n’ai pas de raison à cela, mais ai été très étonnée de voir des maternités qui se disent pro-nature et qui annoncent fièrement 32% de césarienne ! En ce qui concerne l’épisitomie (Dammschnitt), les chiffres sont tout aussi mauvais qu’en France (environ 40% des naissance) même si en Allemagne ce chiffre a bien baissé depuis une petite dizaine d’années (c’était autour 60% au début des années 2000 !).

Les maternités ressemblent plus à des maisons de naissance que des hôpitaux et sont en général assez petites (3 salles d’accouchement pour 40 lits) – à Stuttgart en tout cas (je me demande comment ils sont rentables). Du coup, très peu de maternité ici s’occupe des prématurés (6 semaines avant terme, il n’y a que l’hôpital public à Stuttgart) ou sont capables de gérer les complications des enfants. En contrepartie, on peut accoucher dans la position que l’on souhaite, dans l’eau si on veut…. on a vraiment un large choix et il me semble qu’il est normal de bénéficier d’un accouchement respectueux de l’enfant. En Allemagne, il y a aussi la possibilité d’accoucher dans une maison de naissance.

Autre détail, ici il y a beaucoup d’établissement médicaux qui sont religieux (je dirais la moitié sur la petite dizaine de maternité à Stuttgart). Cela n’a pas d’implication sur les soins (enfin je présume), mais c’est tout de même quelque chose d’inhabituel que d’avoir des croix dans tous les lieux de l’hôpital !

N’ayant pas de connaissance ayant accouchée à Stuttgart, nous nous baserons surement sur le feeling à la maternité, sur les avis de la gynéco ou de la sage-femme et sur quelques sites que j’ai trouvé sur le net (www.klinikbewertungen.de ou http://www.geburtstermin.de/d.html ou http://www.tk.de/tk/leistungen-und-services/datenbanken-und-rechner/tk-klinikfuehrer/40182 (attention : ces sites sont à prendre avec des pincettes : pas forcément à jour ou valable).

J’ai découvert en Allemagne qu’il existait un label mondial réalisé par l’UNESCO sur les hôpitaux amis des bébés (Babyfreundliches Krankenhaus) dont le but est de promouvoir l’allaitement maternel (il faut se faire labelliser et le label est plutôt répandu dans les pays en voie de développement, mais les chiffres sont là, il y a 12 maternités labelisées en France contre 60 en Allemagne). Le label consiste notamment en la formation du personnel. Je parle de cela dans le sens : je suis contente de pouvoir avoir le choix et de sentir que mes choix pourront être respectés.

Le mot de MademoiselleK

Ne pas hésiter à se laisser recommander des établissement par ses connaissances et visiter plusieurs cliniques/maisons de naissance, il y en a pour tous les goûts. J’ai eu affaire à des gens très pro-nature – en clinique-, ce qui n’est pas un problème, à partir du moment où ils écoutent aussi les souhaits de la maman. Leur crédo était: il faut parler de tout pour prévoir au mieux, quelque soit le sujet (vaut donc aussi pour les questions de péridurale et d’allaitement) et pour que la maman se sente le mieux. Parfait. Je m’étais laissé la possibilité d’avoir une péridurale si l’envie m’en prenait.  L’anesthésiste que j’ai rencontré pour l’occasion a ri en me demandant directement si j’étais française parce qu’il savait que l’accouchement avec péridurale est considéré comme ‘normal’ en France pas que mon accent l’ai aiguillé, non non . ça ne m’a ni vexé ni empêché de quand même pouvoir  la souhaiter au cas où.
Pour la petite histoire, j’ai vécu un accouchement idéal, express et en 100% naturel (il était de toute facons trop tard pour la péridurale)…

Les salles d’accouchement que j’ai visitées étaient toutes très bien équipées et plus semblables à des « vraies » chambres que des salles d’accouchement d’hôpitaux. Je rejoins Carpediem sur le côté Evidemment qu’on accouche dans la position que l’on désire, évidement que le bébé n’est pas arraché à ses parents dès qu’il pointe son nez, évidement que le personnel a une formation solide pour l’allaitement, etc.

On a accordé aussi beaucoup d’importance au bonding avec le papa, en proposant le peau à peau dans les heures qui suivent la naissance pour que le papa ne soit pas exclu de la relation parent/enfant et puisse prendre le temps de rencontrer physiquement et psychologiquement, son enfant.

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